plus de dix années après avoir disparu du monde de la littérature qu’il avait longtemps passionnément servi : représentant, libraire, éditeur, puis auteur lui-même avec L’énigme de la Diane. L’Arganier a publié mon premier roman, Diabolo pacte dans sa collection facéties et l’a transformé en un bel objet, soigné, peaufiné, ayant bénéficié des services d’une correctrice free-lance. Nous étions en 2009. Le monde du livre était alors différent : déjà et encore très sélectif, mais tout passait par le libraire. Pas de clause pour acheter des livres moyennant remise et les vendre dans des salons non adossés à des librairies. Je prenais alors les livres chez Privat et remettait au libraire chèques et liquide. Tout un trafic !
Nicolas
déplorait que les éditeurs indépendants n’aient pas accès à la presse. En
effet, il a fallu que je tombe par hasard, en randonnant à vélo, sur un
journaliste de la Dépêche du Midi pour que je passe à la télé. « Il n’y a
que la loi qui pourrait changer les choses », disait-il. Les choses n’ont
pas changé. Mon 7ème livre est sorti en janvier et toujours pas
d’article dans la Dépêche.
À
l’époque tout le monde n’avait pas de box et de messagerie. Le 1er
avril 2008 Nicolas a simplement choisi de m’appeler sur mon portable qui était
fermé parce que je recevais à ce moment-là une agence pour un achat immobilier.
J’ai manqué tomber à la renverse en écoutant son message : on m’appelait
au sujet de Diabolo pacte. Mon
entourage m’a parlé d’un poisson d’avril. C’est dire si on croyait en
moi !
Quand
la décision fut prise de me publier, Nicolas m’a écrit que L’Arganier était une famille. Il fallait qu’on se voie de visu dès
que possible. On m’a éditée sans avoir vu ma tête car la seule occurrence où
j’apparaissais alors sur la toile était celle des Fêlés du Grand Colombier, épreuve cyclotouriste dont l’enjeu est de
grimper et de descendre les terribles pentes du Grand Colombier dans l’Ain par
3 de ses faces. J’appartiens à cette confrérie et je ne saurai dire s’il est
plus ardu d’être publiée à compte d’éditeur que de se payer le Grand Colombier.
Maintenant
on rencontre ses éditeurs par visio-conférence. Je doute qu’il y ait la même
chaleur.
Si
je suis sur Facebook c’est sur ses conseils.
Hélas !
L’aventure n’a pas duré deux ans. L’Arganier
déraciné, il a fallu que je reprenne mon bâton de pèlerin virtuel pour placer
mon 2ème roman. Une surprise m’attendait en 2022 : les éditions
d’Avallon souhaitaient ressusciter mon histoire de pacte avec le Diable dans le
milieu de l’édition où je n’avais pas mis les pieds au moment où je l’écrivais.
Depuis j’en sais quelque chose d’expérience et j’aurais matière à vous faire
rire et pleurer sur le sujet.
Nicolas
m’a mis le pied à l’étrier. Ne me restait qu’à enfourcher l’animal pour partir
à la rencontre de mon public. Ce que j’ai appris depuis c’est que seul le
lecteur détient le pouvoir de transformer une haridelle en pur-sang. Lecteur,
tu sais à présent ce qu’il te reste à faire !
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| Nicolas Grondin |
