Ce que j'écris, pourquoi, pour qui et les surprises de mon parcours littéraire

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jeudi 27 août 2026

L’homme providentiel

Chose promise, chose due. Avec du retard, certes, après la pause d’août.

Revenons à la genèse de Lisbonne avait raison et à la question : pourquoi écrire sur le tremblement de terre ? En 2005, j’ai été ébranlée par le fait que dès le 1er novembre 1755, il ait été recherché des causes rationnelles au séisme, faisant fi d’une concordance de date très significative pour l’agenda catholique. Toussaint et fête des morts, rien que ça ! Un article m’est tombé sous les yeux faisant l’éloge de l’homme ayant pendant 18 ans mis ses capacités au service du Portugal, reconstruisant Lisbonne en ruines. C’est en effet la Lisbonne pombaline que nous visitons aujourd’hui. Le 1er novembre 1755, Sebastião de Carvalho e Melo, le futur marquis de Pombal, est secrétaire d’État à la guerre et aux affaires étrangères. Il est seul dans Lisbonne, le roi Joseph 1er et sa cour étant en villégiature à Belem. Seul pour affronter la situation apocalyptique qui va mettre à terre la capitale populeuse du Portugal.

Le séisme d’une magnitude évaluée entre 8,5 et 9 sur l’échelle de Richter est le tremblement de terre le plus violent jamais ressenti en Europe. La 1ère secousse a lieu à 9h40  suivie de 2 autres, ça dure 9 minutes. L’incendie dure 6 jours. Le bilan est terrible : entre 50 000 et 70 000 morts, 100 000 avec les morts indirectes. Il ne faut pas perdre de vue que les édifices de la Baixa sont en bois, que le jour de la Toussaint les bougies et les cierges brûlent sur tous les oratoires et que l’écroulement des cheminées propage le feu. On imagine les morts et les blessés et la terreur du menu peuple quand la terre s’ouvre sous ses pas. Pour échapper aux flammes, les survivants se ruent vers l’estuaire du Tage et assiste à ce phénomène inouïe : l’océan reflue et laisse les bateaux en cale sèche. Dix minutes après, un raz-de-marée avec des vagues jusqu’à 15 mètres de hauteur s’abat sur le port. Le Rossio, en bas, est détruit. Mais Sebastião ne baisse pas les bras et s’attelle dès le premier jour à l’immense tâche qui n’attend que lui :

C’est que le premier serviteur de l’État veut être partout à la fois. Chaque jour, escorté par des hommes en armes, il parcourt Lisbonne à cheval pour se rendre compte de la situation. Fort de ses observations, il ordonne et entend être obéi sur-le-champ : éteindre les feux, enterrer les morts, nourrir les vivants.

Qui est-il ? Issu de la petite noblesse, les portes vers les plus hautes marches se ferment malgré ses qualités : grand, intelligent, doté d’une voix merveilleuse selon les témoignages. Jeune, il enlève celle qui sera sa première épouse, une veuve qui a 10 ans de plus que lui et qui mourra de tuberculose.

À la veille du tremblement de terre, le Portugal, en déclin, dépend économiquement de l’Angleterre. Par un accord commercial de 1703, le royaume est tenu d’importer les textiles anglais. En contrepartie les vins de Porto sont exportés en Angleterre à un tarif inférieur aux vins français. Ne s’agirait-il pas au final d’ em..der les Français ?

Bien sûr, cette partie de la grande histoire est évoquée dans le roman. Je ne remercierai jamais assez Maria Pilar Queralt del Hierro de m’avoir adressé le pdf de la version espagnole de sa biographie du grand homme, Les femmes du marquis de Pombal, parue en portugais. En m’appuyant sur les recherches de l’historienne et écrivain, j’ai pu déployer ma version romancée fondée sur l’Histoire et ma propre originalité.

En 2005, c’est l’admiration que j’ai conçue pour le futur marquis de Pombal qui m’a poussée à écrire. Je me trouvais en effet face à l’archétype du grand homme, c’est-à-dire d’un homme doté de qualités hors du commun auquel il ne manquait que la rencontre avec des circonstances exceptionnelles pour se révéler. En tant que Française, j’ai tout de suite pensé au général de Gaulle en juin 1940.

J’espère avoir attisé votre curiosité, bien sûr pour mes propres écrits, mais aussi pour les romans et les essais de Maria Pilar sans oublier le personnage de l’homme qui a reconstruit Lisbonne.

Le marquis de Pombal


 

 

mercredi 24 juin 2026

Mais comment vous est venue l’idée ?

C’est la question qu’on me pose au sujet de Lisbonne avait raison et sa réponse constituera le premier article que j’écrirai sur le sujet depuis qu’il est publié.

Nous sommes en 2005. Où en était alors ma carrière littéraire ? Elle n’avait pas commencé. Cependant, mes tiroirs virtuels étaient bourrés de manuscrits. Côté roman, je venais d’achever une œuvre monumentale de science-fiction, Poussière de sable, qui m’avait valu des refus en rafale de la part des éditeurs et j’avais commencé mon histoire de pacte avec le Diable dans le milieu de l’édition, Diabolo pacte, grâce auquel je mettrai un pied dans ce foutu milieu.

Un jour j’écoute un champion du monde de course de fond attribuer son titre à Dieu. Plus tard dans la journée je trouve sur la toile un article du Figaro sur le tremblement de terre de Lisbonne du 1er novembre 1755. La date a de quoi marquer les esprits. Or l’article explique qu’à l’époque, après le séisme, on a fait effectuer des sondages pour en connaître les causes dans un esprit tout à fait scientifique. Ces deux informations se sont percutées dans mon esprit : En 2005 on s’en réfère de plus en plus à Dieu, quel que soit la façon qu’on le nomme alors qu’au XVIIIe siècle, dans le très catholique royaume du Portugal, on passait outre le symbolisme de la date correspondant à la Toussaint et au jour des morts. Je me suis dit qu’il était urgent de retourner au siècle des Lumières et j’ai éprouvé la nécessité d’écrire sur le sujet.

J’ai commencé une histoire que j’ai qualifiée de nouvelle. Trois archéologues portugais découvrent sur un chantier de fouilles un ossuaire et un cadavre parfaitement conservé vêtu à la mode du XVIIIe. Je suis auteur de science-fiction et c’est en tant que telle que j’aborde l’histoire. Je viens d’ailleurs de relire les 8 pages A4 que j’avais oubliées et j’avoue les avoir trouvées plutôt bonnes. Modestie, quand tu nous tiens !

C’est plus tard qu’est naît dans mon esprit le personnage de Lorenzo Azzopardi que l’on suit depuis sa naissance à Gênes en 1738 jusqu’à sa vingtième année. Pour la première fois je m’apprêtais à faire vivre, non seulement des personnages de fiction, mais encore les figures qui ont fait l’Histoire. Je m’appliquerai à mettre en scène l’affrontement entre le jésuite Gabriel Malagrida et le futur marquis de Pombal. C’est aussi pour lui que j’ai tenu à écrire ce roman. Pourquoi ? Je répondrai à la question dans le prochain article.

 


jeudi 26 mars 2026

En conclusion, le pitch

Le dlog chipote. Il a l’impression d’avoir tout dit et n’a pas envie de sortir les clichés sur les salons du livre ou les séances de dédicaces en librairie avec leur lot de bonnes surprises et de mésaventures qui n’intéressent que ceux qui les vivent, en l’occurrence les auteurs. Murmurer à l’oreille des lecteurs ou vendre à la criée est pourtant un défi  que nous n’imaginions même pas aux moments solitaires de la création.

Le dlog pourrait vous parler de ma nouveauté, Lisbonne avait raison, à laquelle il a d’ailleurs dédié une page. Or, étant dans la phase où je prépare sa présentation, je préfère en laisser la primeur au public, des fois qu’il aurait la curiosité de visiter le dlog. Si c’est votre première fois, soyez rassuré : le dlog n’aboie pas et ne mord pas. Il se contente de vous faire la fête. S’il avait une queue, il l’agiterait.

Retour en 2005, l’année où j’ai éprouvé la nécessité d’écrire sur les Lumières dans l’Europe du Sud à la faveur du 250ème anniversaire du tremblement de terre de Lisbonne. La date avait  de quoi marquer les esprits : 1er novembre 1755.

Je sortais de l’écriture d’un monument de science-fiction, Poussière de sable, maintes fois refusé puis publié en 2018 par un éditeur spécialisé qui a tiré sa révérence fin 2022. Tout ça pour dire que le premier jet de mon Lisbonne était naturellement d’inspiration fantastique, s’inscrivant dans les littératures de l’imaginaire. Puis j’ai tourné casaque et entamé la version qui est aujourd’hui sortie des presses. Dix années de travail à rendre fluide la construction, pourtant linéaire dès le départ. Pour une fois, je suivais la flèche du temps qui semble filer de la naissance à la mort. Pas de saut dans le temps comme dans Elwig de l’Auberge Froide. Pas de mise en abyme comme dans Diabolo pacte. Si le prologue n’a pour ainsi dire pas bougé, j’ai refait cinquante fois la fin.

Allez, voilà le pitch qui sort de ma bouche maintenant que le livre est tiré : C’est l’histoire de Lorenzo Azzopardi qui naît et grandit à Gênes dans une famille patricienne, une famille de négociant. Pour une raison dramatique que je ne dévoilerai pas (sourires fréquents) il est obligé de quitter Gênes, d’embarque sur un navire de commerce, traverse la Méditerranée, infestée de pirates, fait escale en Corse qui est encore génoise, débarque à Valence, traverse l’Espagne de l’Inquisition, des moulins et des théâtres ambulants et arrive à Lisbonne la veille du grand tremblement de terre…




Blues de rentrée

Je n’ai jamais aimé la rentrée. Enfant, c’était un cauchemar. Je me serais contentée d’éternelles vacances. Mais si je n’avais pas appris à ...